L'autre couloir de la mort: En depit de l'innocence par Muti A. Ajamu-Osagboro

« Il n’y a aucun doute dans mon esprit que la perpétuité sans possibilité de mise en liberté conditionnelle – devrait être éliminée avec la peine de mort. »

-Terry Rumsey, co-directeur du comité directeur des abolitionnistes contre la peine de mort de Pennsylvanie, après avoir lu mon histoire qui est devenue le point de départ d’un livre que j’ai coécrit. (Si M. Ramsey avait été au courant des dernières preuves démontrant davantage mon INNOCENCE, il se serait rendu compte que l’injustice dans le cas de l’auteur est encore supérieure à ce qu’elle était.)

Durant les six derniers mois, la succession d’exonérations d’hommes condamnés de manière illégale à Philadelphie et Pittsburgh a ouvert les yeux du public sur les extrémités auxquelles certains d’entre nous font face malgré leur INNOCENCE.

La perpétuité sans possibilité de mise en liberté conditionnelle est le seul type de sentence à vie en Pennsylvanie. Pour les INNOCENTS comme pour les coupables. La plupart des gens pensent encore que les condamnés finiront par être libérés sur parole, mais la seule chance de retrouver la liberté pour une personne condamnée de la sorte est d’obtenir la clémence, une forme de libération appelée commutation, du gouverneur. Le terrain politique est tel que ce processus est si politisé que si un politicien de carrière ambitieux l’accorde, il s’agit d’un suicide politique. Par conséquent, la commutation est accordée aussi souvent qu’on voit une licorne. Les grâces sont encore plus rares.

Dans ce pays, on accorde beaucoup d’attention à la peine de mort traditionnelle, et à raison, mais dans « L’état clef-de-voute » il y a une peine bien plus meurtrière : LA MORT PAR INCARCÉRATION (DBI) qui ne fait l’objet d’absolument aucune attention.

LA MORT PAR INCARCÉRATION est de loin la première méthode d’exécution en Pennsylvanie. En tant qu’homme INNOCENT, lorsque vous mourez en prison, c’est la peine la plus capitale imaginable. Littéralement une exécution par emprisonnement. La DBI est une injection létale au ralenti. Pour la rendre encore plus cruelle, cette méthode d’exécution se fait sans témoins publics des tueries, et ainsi personne ne peut faire de rapport à la communauté et au grand public sur les horreurs de ce tourment. Une fois que quelqu’un de l’extérieur, en voyant les horreurs, passe outre la désinformation qui consiste à dire que le nombre ou le type des équipements peuvent rendre l’emprisonnement humain, il peut ressentir, et même voir davantage de la douleur et des souffrances qui me sont infligées. Les multiples nuances et la méticulosité qui y sont appliquées, dans le but d’assurer une totale déshumanisation de chaque aspect de mon être. Maléfique ne peut même pas décrire ce processus ni les architectes et ingénieurs qui ont créé et maintenant maintiennent sadiquement cette machinerie.

Une douleur insoutenable et une souffrance implacable qui s’amplifient avec chaque heure passée de chaque jour. Il serait beaucoup plus charitable de me tuer que de me soumettre à cette mort tacite… cette torture prolongée. Dans la plupart des cas, lorsqu’un prisonnier est mis à mort par incarcération, pas une ligne, pas un mot ne sont mentionnés à ce sujet dans les médias. Contrairement aux peines de mort conventionnelles qui bénéficient d’une couverture médiatique et de soutien à la simple mention, et pas nécessairement au mérite, de l’affaire.

En Pennsylvanie, la mort par incarcération, bien que récente, est de fait la principale méthode d’exécution du soi-disant Commonwealth. Pour les INNOCENTS, si les actions de l’état arrêtent les battements de leur cœur, il s’agit d’une exécution à laquelle aucun euphémisme ne changera rien. Toutes ces disculpations récentes ont concerné des hommes. Pourquoi les femmes injustement incarcérées ne sont-elles pas libérées ? Pourquoi n’en parle-t-on même pas ? Ce que les femmes subissent dans les tribunaux et en prison est plusieurs fois plus redoutable que ce que nous les hommes vivons. Une partie de la preuve de cela est qu’il n’y a pas encore eu une seule femme disculpée. La réalité tabou de la mort par incarcération est que la prison est un environnement de santé et de vie conçu pour être anti-humain, et qui rend une mort accélérée inévitable. Dans sa forme la plus brute. C’est le lieu où aucun média ne veut faire savoir que c’est de là que les gardes aiguisent leurs compétences de torture, de déshumanisation et de sévices avant de les exporter vers Abu Ghraib et Guantanamo. Ou de les impartir aux diverses prisons secrètes européennes. En plus de cela, pour les INNOCENTS s’ajoute la détérioration liée au fait de savoir que les procureurs ont enfreint la loi dans le but d’obtenir une condamnation, et qu’ils n’ont pas eu à s’en expliquer… à l’époque ou maintenant, et sont donc encore en position de faire la même chose à ceux qui viennent à notre suite, comme des fils et des filles.

De 1983 à 1996, 126 hommes et femmes sont morts dans des prisons d’état de Pennsylvanie au cours de leur soi-disant peine à perpétuité (sans compter les suicides). Durant la même période, pas une seule personne n’a été exécutée de manière conventionnelle. Cela fait 126 exécutions non conventionnelles pour aucune exécution traditionnelle. Clairement, en termes de mort, il n’y a aucun doute sur celle qui a le plus de chances de se produire. Cependant, l’absence d’exécutions traditionnelles attire toujours toute l’attention, la presse et le soutien. Pire encore, de 1997 à 2003, il y a eu plus de 70 morts par incarcération et seulement trois morts conventionnelles. Les trois conventionnels avaient demandé à être exécutés et ont refusé d’aider à leurs appels. Sur une période de seize ans, cela fait 196 contre 3. Trois quarts des morts par incarcération ont eu lieu à Philadelphie, le berceau qu’on vante tant de la justice et de la démocratie américaines. Ces nouvelles formes d’exécution font paraître minuscules les conventionnelles comme Gulliver avec les Lilliputiens, mais personne ne voyage vers ces terres de l’étrange – et pire – et les captifs ne racontent à personne ces histoires de déshumanisation quotidienne et de trépas hebdomadaire.

Le terme « à vie » comme forme de punition est un euphémisme pour la mort, au sens le plus vrai. Il est utilisé pour adoucir la réalité du meurtre sous une forme sophistiquée. Il est utilisé de la même façon qu’un représentant en assurances vie vous vend un produit basé sur la mort d’un de vos proches, mais adoucit la réalité – prétendant qu’il s’agit d’une question de vie – pour vous faire accepter facilement ce qui est normalement inacceptable.

Contrairement aux peines de mort conventionnelles, je n’ai pas d’appels automatiques, de revue indépendante de l’ensemble du dossier par la cour suprême de l’état, etc.…Ceux qui sont INNOCENTS et condamnés à la mort par incarcération sont encombrés par des cours intermédiaires, paralysés par de prétendues poursuites précédentes, des avocats de la défense perfides qui manigancent des forfaits de procédures et qui renoncent à des questions fondamentales, une économie judiciaire et beaucoup d’autres tactiques de tribunaux ne cherchant en rien la vérité et auxquels les cas de condamnation à mort conventionnelle ne sont pas soumis. Si vous êtes mineur, ces injustices sont triplées. Toutes sont clairement de grossières violations de la Protection Égalitaire, du Processus d’un Jugement en Bonne et Due Forme, du Droit à un Jury de nos Pairs, de l’Accès aux Tribunaux et autres droits constitutionnels mythiques. Les mineurs n’ont pas le droit de faire partie d’un jury, entre autres. Il y a à peu près deux semaines, la Cour Suprême des États-Unis a déclaré que les cas conventionnels de peine de mort peuvent maintenant bénéficier d’audiences sur l’ADN et d’autres preuves – peu importe le point où ils en sont dans leurs appels précédents. Voir House vs. Tennessee.

Si j’avais reçu une condamnation à mort traditionnelle dans cet état, la probabilité de mourir est au mieux minuscule, et surtout j’aurais eu l’accès total aux tribunaux, et donc l’opportunité de récolter des preuves qui auraient pu me servir d’atout contre une procédure immorale –longuement prolongée. En réalité, une sentence à vie dans cet état est le moyen de donner la mort à la personne condamnée sans lui fournir les garanties qui accompagnent une peine de mort traditionnelle. Lorsque l’on compte les corps, des tas d’entre nous sont mis à mort par cette peine de mort peu orthodoxe mais bien réelle.

Bien que j’aie de mon côté : l’INNOCENCE, les faits, la vérité, les preuves, et un soutien de plus en plus puissant, je serai tout de même mis à mort par incarcération si vous, cher lecteur, ne m’aidez pas à pousser mon affaire jusqu’aux derniers pas vers la porte de la liberté. Mon affaire est le fil dans le pull du bureau du procureur sur lequel on vous a prévenu de ne pas tirer. Mais tirez-le, vous le devez, et regardez les pratiques routinières et corrompues du bureau du procureur se décomposer sous vos yeux. Le pull est fait d’un matériau tissé de haine raciale qui recouvre beaucoup d’autres affaires et personnes. Les règles d’appel de Pennsylvanie ne sont pas si gauches – c’est tout ou rien – donc ceci est ma dernière chance. Toutes mes poursuites judiciaires ont visé à sauvegarder ce qu’il reste d’une INNOCENCE humaine, civile et constitutionnelle que l’Amérique épouse avidement – mais reconnaît si rarement, voire jamais. En dépit des preuves que le procureur de mon procès, Richard Michaelson, a recouvert de montagnes de mensonges, j’ai tout de même réussi à les déterrer, après des années passées à me battre pour les empêcher de m’enterrer vivant. Je suis au seuil de la disculpation, mais tout cela aura été en vain si vous ne vous engagez pas en m’aidant à appliquer la pression nécessaire pour exposer ces pratiques illégales du bureau du procureur. La pression populaire les mettra mal à l’aise et les forcera à se plier à la loi, au lieu d’être dominés par leur quête personnelle d’une conviction par la routine de l’infraction à la loi : ce qui ne les met absolument pas mal à l’aise.

L’INNOCENCE est l’INNOCENCE ; ainsi la Mort est la Mort et lorsque vous mourez, il n’y a pas de réparation possible. La Cour Suprême des États-Unis, dans une affaire capitale traditionnelle, a postulé que « la mort, dans sa finalité, diffère davantage de l’emprisonnement à perpétuité qu’une peine de 100 ans diffère d’une peine d’un an ou deux. » Cette façon de penser est criblée d’illogisme pour plusieurs raisons, la moindre n’étant pas que, pour le dire simplement : la MORT PAR INCARCÉRATION est finale !!

Les eaux légales de Philadelphie sont tellement troubles lorsqu’il s’agit des disparités d’accès aux tribunaux – basées sur un vieux modèle de ce qu’est une peine de mort – que lorsque l’on compare les deux, en se basant simplement sur la mort, on se rend compte qu’il n’y a aucun point commun. À nager dans ces eaux fétides, vous ingérez rapidement le fait qu’une peine de mort conventionnelle est la « possibilité » qu’un requin vous morde un bon coup pour en finir, alors que la mort par incarcération est la présence réelle de milliers de piranhas qui vous arrachent des petits bouts de chair durant une longue période. Les Chinois disent qu’une mort causée par mille coupures est la plus atroce de toutes. De façon ironique, la Cour Suprême des États-Unis a également décidé, le jour où elle a pris sa décision dans l’affaire « HOUSE », que les prisonniers condamnés à mort conventionnellement seraient autorisés à poser une requête fédérale spéciale arguant que les produits chimiques utilisés dans l’injection létale sont trop douloureux – et représentent donc une punition cruelle et inhabituelle anticonstitutionnelle. Voir Hill vs. Floride.

De toute évidence, les juges de la Cour Suprême des États-Unis n’ont pas visité les prisons de Pennsylvanie et n’ont pas assisté aux exécutions hebdomadaires des soi-disant condamnés à perpétuité. Si les INNOCENTS – qui ont déjà été tués – pouvaient parler de leurs tombes superficielles et sans inscription, « Si vous êtes inquiets du fait que l’état tue des INNOCENTS, commencez à regarder là où ils sont le plus mis à mort, parce que la haute pile de cadavres signifie que le langage d’hier est obsolète. » La nouvelle réalité dit que le critère d’une affaire capitale est la mort réelle, et non potentielle. Une mort réelle entraînée par l’illégalité. Mettez fin à cette injustice immédiatement !!!

****IL N’Y A PAS DE LOIS IMPOSANT DES RESTRICTIONS SUR L’INNOCENCE****

25 ans, un mois, deux semaines, trois jours, 18 heures, 56 minutes et quelques secondes… d’emprisonnement illégal. Jeudi.

Celui-ci Est Certainement Innocent

Muti A. Ajamu-Osagboro

AM-6021

P.O. Box 1000

Houtzdale, PA 16698-1000

USA

Muti Ajamu-Osagboro

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D.R.I.V.E.

DEATH Row INNER-COMMUNALIST VANGUARD ENGAGEMENT

 

 

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