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DEATH ROW INNERCOMMUNALIST VANGUARD ENGAGEMENT

drivelogoNUEVO

Le temps est venu!

Par Kenneth E. Foster Jr.

 

L'attente du début de la lutte a grandi. Nous avons senti la tension, le désespoir et la colère dans l'air. Le message était- ce sera une lutte à finir! Alors que j’étais dans la salle de détente du couloir de la mort les épouvantables surveillants ont commencé à prendre certains détenus de la salle pour les ramener en cellule. Nous savions tous ce qui était en train de se préparer et parce que la situation s'intensifiait, ma demande pour rester dans la salle n’a pas provoqué d’objection. Je me tenais près de la fenêtre à regarder les agents correctionnels s'approcher de la cellule où ils enferment ceux en attente d’exécution. J'ai pu les entendre dire à travers une fenêtre cassée :" Jennings, tu sors ?" Leur départ a bien illustré la réponse à leur question. Alors qu'ils partaient, je regardais dans la cellule, en essayant de concentrer mon regard sur la cellule protégée. La cellule avait été recouverte d'une grille métallique sur chaque côté. Cela avait été installé en tant que protection pour les gardiens et pour empêcher un acte désespéré ou délibérément violent d'un prisonnier en attende de son transport pour Huntsville, lieu de son exécution. Alors que je me concentrais, je vis le jeune guerrier. Il était habillé de la tête aux pieds avec des habits de protection pour la guerre qui s’annonçait. Toute blague à part, il avait l’air d'un arabe dans le désert ou même d'un ninja. En l’espace de quelques minutes une équipe de 8 gardiens habillés en tenue anti-émeute se sont positionnés. Alors qu’ils se mettaient en rang près de la cellule, le haut gradé se plaça devant la cellule et demanda encore : "Jennings, tu sors?" C'est ainsi que commença la guerre, par cette position de résistance continue. Un long jet de gaz de poivre de Cayenne fut envoyé dans la cellule. Ce gaz est atroce et créer une sensation de brûlure aux yeux, s'étendant jusqu'aux poumons, irritant la peau et provoquant une toux et des hauts le coeur, ayant déjà entraîné la mort.

 

Alors que je me tenais là à regarder cela, mon sang a commencé à bouillir et mon coeur à battre de rage; la rage d'être impuissant et de savoir... que ce pourrait être moi! Ce jeune guerrier a commencé par attraper une couverture qu'il avait, pour boucher l'arrivée du gaz dans sa cellule, mais la grille métallique agissait comme un champ incubant le gaz dans la cellule. Alors que ce frère continuait de résister à la tentative de ces hommes de le conduire à une mort consentie par l’État un autre long jet de ce gaz vicieux a été envoyé dans la cellule. Le battement sec de la couverture continuait. Comme je me retournais pour jeter un œil aux quelques autres qui étaient dans la salle de détente avec moi, je ne pouvais qu’hocher la tête et dire : « C’est vraiment n’importe quoi! »  Lorsque j’étais en train de regarder dans la direction des autres gens dans la salle, quelque chose de vraiment terrifiant a retenu mon attention. Il n’y avait rien d’autre qu’un pur désespoir dans leurs yeux. C’était très dérangeant et ce qu’il y avait d’encore plus perturbant était… qu’ils étaient simplement là assis. Dans mon for intérieur, ceci m’a enragé parce que je me disais à moi-même, voilà un homme condamné à mort, peu importe si je le connais personnellement ou non (et ce n’était pas le cas) nous ne pouvons pas rester assis ici et ne rien faire comme si c’était quelque chose de banal. À cet instant, je me suis retourné pour faire face à la fenêtre et j’ai hurlé : « BATS-TOI SOULJA! DÉFENDS-TOI CONTRE CES PORCS! » Le désespoir que j’avais vu dans les yeux de ces gens s’est changé en attention au son de ma voix et alors que je regardais cet homme seul engagé dans une lutte atroce, j’ai refusé de l’abandonner à lui-même. J’ai refusé de lui laisser voir qu’un autre frangin du couloir de la mort, dans la même galère, restait là assis comme si rien ne se produisait. À ce moment-là, le gaz avait commencé à se faufiler à travers quelques fenêtres brisées et je commençais à tousser. Je n’ai pas pu m’empêcher de dire tout haut : « Merde! Ce truc est puissant. » Je ne pouvais qu’imaginer ce que cet homme dans la cellule était en train de subir. Une fois de plus, les officiers ont vaporisé de gaz l’intérieur de la cellule et cette fois-ci Jennings a commencé à étouffer et à tousser très bruyamment. J’ai continué à  hurler : « LÂCHE PAS SOULJA! RESTE FORT! » Le supérieur a dit à sa brigade: “Tenez-vous prêts! » Il a ensuite hurlé à l’officier du contrôle des piquets : « Tiens-toi prêt à ouvrir la porte! » Puis, à la fin de son décompte, il a crié : « Ouvre-la, ouvre-la, » et comme une meute de limiers à la sortie de la barrière, l’escouade anti-émeute a fait éruption dans la petite cellule et la bagarre a commencé. On pouvait entendre le tumulte et Jennings (un jeune homme plutôt en bonne forme physique) était en train de résister d’une manière fulgurante. Mon corps entier a éclaté dans une combinaison de jurons et de menaces envers les officiers en même temps que j’ai crié à plein poumons : « BATS-TOI SOULJA! C’EST TA VIE QUI EST EN JEU! » J’ai répété cela plusieurs fois. Les gradés qui observaient cette lutte ne pouvait m’ignorer davantage et se sont retournés pour savoir qui était ce prisonnier enragé.

 

Cela a été une lutte brutale et ça a pris quelques minutes avant de maîtriser et de menotter Jennings. Mes entrailles me faisaient mal alors que je les regardais le sortir de là. Bien que ma fierté et ma colère ne laissaient pas couler une larme mes entrailles étaient submergées par celles-ci. Je ne pouvais pas songer à d’autres mots dignes d’être offerts à cet home, ainsi tout ce que j’ai pu lui dire a été : « Dieu va te bénir Soulja. Dieu va te bénir. » Par pure vengeance, un des officiers a regardé en ma direction et m’a fait le signe « d’égorgement » avec son pouce qui traversait son cou. Ça m’a rappelé que c’était une guerre, un signe qu’il n’y a aucune pitié lorsque cela nous concerne. Oui, je savais bien que c’était terminé et que Jennings s’en allait vers sa mort, mais la guerre ne faisait que commencer.

 

Cela s’est produit le 16 novembre 1999. L’homme en question était Desmond “Des” Jennings, un jeune homme noir qui a avait pris des mauvaises décisions dans sa vie qui l’ont mené au couloir de la mort. Bien que je ne connaissais pas Des, plusieurs de mes frangins le connaissaient et le respectaient, et lui ont donné tout le crédit qui lui revenait pour la situation autodidacte qu’il a endurée. L’éveil à ses racines en tant qu’homme africain lui a donné le savoir et la force nécessaires pour résister durant cette épreuve périlleuse. Cela lui a fourni le savoir nécessaire pour ne pas craindre la mort, pour aimer sa vie et pour prendre les choses en mains afin d’affirmer son droit à la vie et de se battre pour ce droit. Et bien que ce ne soit pas le temps pour moi de politiser avec ceux qui prêchent œil pour œil et dent pour dent, cette société a tort et fait preuve d’une hypocrisie sans bornes en tuant ses propres citoyens, alors qu’elle répand l’idée qu’il ne faut pas tuer.

 

Desmond Jennings est passé à l’histoire ce jour-là dans la lutte du couloir de la mort non seulement pour avoir été un des rares dans toute l’histoire des couloirs de la mort à se battre physiquement jusqu’au bout, mais aussi pour avoir fait un constat à la société et à ceux qui prétendent lutter et être des hommes de conscience. Alors que nous sommes ici en plein cœur du couloir de la mort faisant des efforts pour améliorer nos vies et que nous recherchons de l’aide extérieur pour nos cas personnels, comment pouvons-nous ne pas nous opposer et nous battre pour nos vies lorsque vient notre tour? Ce constat n’a rien à voir avec la race, la couleur de la peau ou la foi, mais avec le lien commun qui nous unit tous ici étant dans la même situation. Nous sommes tous condamnés à être assassinés par l’État du Texas. Cela en soit ne rend aucun de nous (blanc/noir, innocent/coupable) supérieur à d’autres. Cependant, en tant qu’hommes africains nous examinons l’histoire de nos ancêtres qui ont été des combattants pour la liberté et des guerriers tribaux, et l’appel nous exhortant à demeurer fidèles à leur mémoire est ancrée dans nos âmes, point final!

 

J’en suis rendu à croire que tout homme physiquement en mesure de le faire devrait lutter jusqu’à la toute fin. Je dis cela pour plusieurs raisons. Pour tous ceux parmi nous qui mettre l’emphase sur le fait que la peine de mort est une injustice, nous devons maintenir cette croyance à travers chaque fragment de notre être : mentalement, spirituellement et physiquement. Nous le faisons mentalement par l’entremise de nos écrits, spirituellement à travers notre éducation autodidacte et notre croissance, et nous devons le faire aussi physiquement. J’ai connu de nombreux jeunes hommes qui prétendaient être des fervents combattants et qui ont marché vers leur exécution. Quel genre de constat cela fait-il? Ça dit : « eh! Je suis d’accord. » Cela a sa raison d’être. Certains parmi eux ont accepté leurs derniers repas! Quel genre de constat cela laisse-t-il? Cela dit : « Je mange maintenant de la main de mes ennemis. Le même système qui m’a gardé confiné et m’a mentalement torturé pendant que j’attendais mon assassinat, veut maintenant m’organiser un banquet. » Alors, à quel point est-ce sadique?

 

Nous avons toléré et accepté que ce procédé inhumain continue d’exister. Nous avons toléré une vision des choses selon laquelle nos vies ne valent pas la peine d’être vécues. Nous sommes responsable de ceci. Comme j’en ai discuté non seulement avec mes camarades, mais également avec ma famille, j’ai pris la décision que j’allais me battre jusqu’au bout. J’ai aussi déclaré que d’autres devraient faire de même. Nous devons réaliser qu’une déclaration DOIT être faite à la société : cela n’est PAS correct et nous ne l’acceptons pas. Si je tends la main pour obtenir de l’aide de membres compatissants et humains de la société, je considère que c’est le sacrifice ultime pour moi pour démontrer que ma vie valait quelque chose. Je ne viendrai pas empreindre de dignité mes geôliers, mes oppresseurs et mes meurtriers en acceptant de la nourriture de leur part; un repas qu’ils ne m’offriraient pas pour toute autre occasion. Leur banquet de ‘bon voyage’ ne sera PAS accepté ici. Nous devons attirer l’attention de la société.

 

Le jour suivant la lutte avec Desmond, un Sgt. m’a aperçu dans la salle de détente et m’a appelé pour aller le voir. Il m’a dit que si jamais je m’avisais de refaire la même chose, j’allais me retrouver en isolement (ça serait enregistré à mon dossier comme « ayant créé un dérangement »). Il a dit que ce n’était pas une « menace », qu’il ne faisait que me le dire. Je lui ai répondu : « Je savais cela hier », et je suis parti. Sa position est ‘n’intervient jamais en ton nom ou pour celui d’un autre détenu ; car tes actions pourraient en inciter d’autres à agir.’ MA position est, qu’à ce moment précis le 16 nov. 1999, j’avais pris la décision de me battre avec mes camarades du mieux que je pouvais et que je ferais la même chose pour moi et pour la cause. Je vais suivre les traces (si mon heure sonne) de frangins vigilants tels que Shaka Sankofa, Ponchai “Kamau” Wilkerson et Emmerson “Young Lion” Rudd.

 

Je n’accepterai pas le rôle de victime. Pour moi, me soumettre dans un rôle de victime équivaut à dompter ma rage et ma rage est le carburant dont je me sers dans la lutte pour la justice et l’égalité. Je ne dompterai pas ma rage pour consentir à mon propre meurtre.

 

Suivant cet écrit vous trouverez 2 poèmes uniques qui capturent l’essence de mes sentiments intenses en rapport à cette question. Un est écrit d’une manière un peu excentrique pleine de symbolisme historique délibéré, et l’autre est un peu plus simple. Les deux surgissent de la même flamme. Dans le plus simple (qui a inspiré le nom pour cet article), je déclare:

 

Nous devons réécrire l’histoire

Montrer au monde que nous sommes allés reposer en paix de manière non pacifique.

Ça serait une contradiction

Si la vie n’était pas si précieuse

 

Bien que certaines personnes disent que c’est inutile de se battre, qu’ils vont vous attacher et vous tuer de toute façon, j’affirme qu’ils ont tort de dire que « c’est inutile ». Cette lutte n’a rien à voir avec la crainte de la mort ou de ne pas être en paix, en fait les 4 hommes que j’ai nommés étaient spirituellement et mentalement en harmonie avec eux-mêmes, mais c’est l’impression que ça donne. Nous devons défier le processus de pensée du public; dont la majorité pense que la peine de mort est juste.

 

Ce sont ces actions qui montrent au public qu’il joue un rôle, tout autant que les officiers qui nous frappent et nous menottent, et que celui qui appuie sur le bouton pour l’injection létale. Comme il l’approuve, ils approuvent aussi ce qui s’en suit; ce qui n’est pas différent que d’approuver une guerre où des bombes sont larguées et une foule de civils innocents sont tués. Nous devons réécrire l’histoire pervertie. Nous ne pouvons pas être en contradiction avec nous-mêmes en ne démontrant pas que la vie est une chose précieuse. Il y a de cela bien des années, dans certains endroits comme en Europe, les exécutions se déroulaient en public comme si elles étaient des réunions mondaines. Qui peut venir nier que l’accumulation de ce régime malade et vil n’est pas ce qui les a mené à être dorénavant les principaux partisans de l’abolition de la peine de mort? C’est fort vraisemblablement la raison pour laquelle cette méthode dégoûtante se déroule dorénavant à huis clos. Si ce processus est si juste et si le gouvernement en est tellement fier, pourquoi le cacher? Je crois que c’est parce les horreurs qui l’entourent enrageraient les gens et viendraient les connecter à cette magnifique compassion que NOUS TOUS avons en nous, les uns envers les autres ; ce qu’ils ne veulent pas que vous recherchiez car ça mettrait fin à leur dictature sur toutes nos moindres actions, nos pensées et notre bien-être. Mon point de vue étant que nous devons ramener à la surface ces horreurs une fois de plus pour que les gens sachent que la monstruosité existe toujours dans notre société, mais qu’elle se cache maintenant derrière un masque

 

Bien que nous n’obtiendrons peut-être pas de récompense physique, souvenez-vous que

le seul moyen d’être libre est de lutter, de se dévouer à la cause et de se battre sans peur. Et à travers nos capacités à justifier notre cause, nous avons brisé chacune des chaînes d’oppression placées sur nous.

 

Le message sera entendu, le message DOIT être entendu, alors comment pourrions-nous le nier – Le temps est VENU!

 

 

Le temps est venu (poème)

 

Je suis en sursis

Pour raconter les histoires actuelles du passé

Ma propre histoire biblique racontée

Comme Job

1, 2, 3 –

L’appel de Satan

Mais j’ai besoin de 60 secondes de plus

Car cette Injection Létale

Requiert 5 à 7 minutes.

Comblée de ma sentence

Venant d’infidèles

Qui vendent des âmes à moitié prix.

Besoin de vaincre le jus

Peu de choses ont changé depuis ‘strange fruit ’ –

Ce qui a débuté avec une corde et un nœud coulant

Est maintenant sangles, courant et chambres à gaz!

Les messages ne sont pas subliminaux

Quand un homme hurle

Je suis humain! (souffle court) Je suis humain! (souffle court)

Qui rigole?

Maintenant les directeurs de prison se battent contre ce fantôme

Se convaincant eux-mêmes

J’ai raison. J’ai raison. Je suis un chrétien!

C’est une sédition pire que la fin de Jésus.

Le fils de Dieu/Homme

Envoie maintenant des vents remplis de larmes

Et les appellent ouragans

Pourquoi recevons-nous tant de souffrance?

Parce qu’on dirait qu’après la tempête

Nous nous soucions tous un peu davantage de ce qui se passe

L’avez-vous remarqué?

Je résiste aux sangles –

Ma propre croix de solitude

Cette forme vous a manqué, ouais?

Ils vous veulent aveugles et muets,

Mais je REFUSE d’abandonner

Ou de parcourir ce mille en silence

Être un pilote kamikaze

Et en emporter 2 avec moi.

Nous devons réécrire l’histoire

Montrer au monde que nous sommes allés reposer en paix de manière non pacifique.

Ça serait une contradiction

Si la vie n’était pas si précieuse

Mon temps s’achève

Voici le rapport :

Un homme lutte à mort

Pas de repas, pas de paroles

Ses actions parlent d’elles-mêmes

La vie vaut la peine de se battre

Quelques blessures, détails confidentiels

Collée à son corps, une note:

 

Un message à tous ceux qui doutent

Qui ne se battront pas pour cette bénédiction

L’oppression… est pire qu’un carnage

Comprenez bien votre contribution dans cette lutte

Ne partez jamais inutile

Prouvez que votre âme est inestimable

Quand votre heure sonnera

N’oubliez pas

Le Temps Est VENU!

 

Le discours d’encouragement que vous entendez avant l’affrontement

 

Me dire que ceci est mon dernier souffle

revient à s’en aller et regarder ce monde exploser,

comme c’est accommodant –

vous ne pouviez pas expliquer mes conditions de vie

mais maintenant vous signez des pétitions

venant d’arbres… que mes ancêtres ont abattus.

Je suppose que ça doit être vrai que

ces chênes, vous savez… ces souljas,

quand ils tombent dans la forêt ils ne font pas de bruit.

car en 97, 37 furent assassinés dans la jungle

par un tueur en série avec des rougeurs sur sa joue.

le Père Noël? une tache?

soyez plus attentifs sourds, aveugles, muets

c’était le sang de mon lugas.

 

Maintenant il y a une foule qui fait la file –

Comparons les dates

et le taux de meurtres

de cet État digne d’Auschwitz,

mais vous éprouvez encore de la crainte mêlé à du respect

devant les serpents et les vipères qui marchent et qui parlent.

Je savais à propos du couple, Lucifer et Méduse

essayant de refléter vers moi les images d’Harpo et de Kunta.

pis ouais, mes cheveux sont même pratiquement raides,

comment pourrais-je mentir/nier

que vous avez violé!

 

Dorénavant ma grand-mère reste assise et son regard est fixé

sur le mur blanc ou sur la photo de cette église brûlée par les escaliers,

elle est comme cela depuis maintenant 30 ans.

 

à 6 ans, je prétendais que mon papa était parti chasser le bouc dans les collines

pour un pique-nique BBQ –

tempêtant, tirant.

Truc de mauvais goût,

car à 5 ans ½ je savais qu’il était encore en prison,

alors je suppose qu’on peut appeler cela la 1ière illusion de mon enfance.

 

à 16 ans, les gens disaient : « il est fou »

à 25, envisageant toujours

car je marche impudemment avec le nez en l’air.

Prétentieux?

bien non mec –

 

Je fléchis cette grosse africaine avec allant!

Traits comme Zulu/Shabazz

ou bantou,

mon rappel quotidien de toi.

 

Nos ancêtres créèrent la vie de leurs mains

qui ont bâti des abris sur le sable

ont élevés des Tribus sans un mulet,

et cultivés du coton ou des corps pendus oubliés sur leurs terres.

 

La Couleur pourpre

fut la version asséchée

du sang rouge s’est répandu sur le mur

 sang du jeune qui s’est accroché et s’est dressé.

qui ne voulait pas faire cette marche silencieuse

qui a fini par se faire battre à 9 ans,

puis le Soleil a cuit la tache sur le calfeutrage de la fenêtre

qui l’a fait puer… puis dénicher… nous, dehors pendant l’été

 

faisant pénétrer cette odeur morbide

(nekro)

furtivement dans notre cellule

faisant que les poils de mes bras suant se dressent et s’illuminent

 

car je suis le suivant sur la liste!

 

Je suis prêt,

c’est mon cauchemar vivant –

un homme mort se déplaçant,

éveillé mais je suis endormi.

et quand le compte fut donné

nous avons fait vibrer notre cage

mon luga était agenouillé sur une jambe…

priant pour mon Âme.

et comme les #s étaient appelés

c’était 999 à l’envers

des gouttes de sueur ruisselaient de mon nez.

 

Maintenant nous sommes prêts pour la guerre,

les yeux morts quand le soleil s’est couché

Bible/Coran en main

les lois votées par des peureux

 

et ouais c’était la chanson de 2pac « Shed So Many Tears »

(notre hymne de bataille)

jouant en arrière-plan

 

C’est l’heure de la Guerre!

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