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DEATH ROW INNERCOMMUNALIST VANGUARD ENGAGEMENT

drivelogoNUEVO

Les gens me demandent souvent comment est le couloir de la mort, ou à quoi il ressemble. Puisqu’on me le demande autant, j’ai dédié une section à la question. Dans les pages suivantes vous lirez une brève biographie du couloir de la mort, son passé et comment il en est arrivé à sa condition présente. Vous verrez également des illustrations de la section et des cellules où nous vivons suivies d’un commentaire. Je voulais faire de mon mieux pour vous donner des images de cet endroit. Je sais que pour beaucoup d’entre vous cet environnement est difficile à imaginer et pour être franc… ça l’est parfois pour nous aussi.

 

J’ai intitulé ce texte l’Enfer d’Acier en empruntant à un membre de ALIVE qui a le premier donné un nom à cet endroit lorsqu’ils ont commencé à protester sur leur site. C’était : Terrell Unit : Bienvenue en Enfer. Si vous croyez à l’enfer sur terre, c’est ici.

 

Ce serait très difficile d’englober toutes les choses qui se passent ici, mais j’ai fait de mon mieux en citant des sites informatifs que vous pouvez utiliser pour approfondir votre connaissance de cette situation.

 

Mon espoir est de fournir un véritable moyen de comprendre ce qu’est cet endroit et pourquoi.

 

Laissez ces faits vous démontrer pourquoi nous devons continuer à nous battre pour l’Egalité, la Justice et les Droits Humains. Ce n’est que lorsque la Justice Sociale sera exercée que nous obtiendrons un véritable ordre social. Des groupes comme ALIVE sont des exemples des efforts que nous devons mener. Tendez la main et rejoignez-nous par solidarité car ceci n’est que le début de ce que nous devons faire pour aider l’humanité.

 

Peu importe si on est en prison ou non en ce moment, la façon dont nous traitons notre peuple décide au final de la façon dont les gens traitent notre société. Nous nous battons avec ferveur au Texas et ce qui suit n’est qu’un aperçu de ce contre quoi nous nous battons.

 

Que cela vous apporte la lumière.

 

Dans la lutte,

 

Kenneth

 

 

L’histoire du couloir de la mort

 

L’endroit où se trouvait auparavant l’unité du couloir de la mort est fermement ancré dans les esprits des détenus du couloir de la mort du Texas qui y étaient. Je crois que nous nous sommes faits à l’idée qu’il s’agit d’un passé que le Texas ne nous permettra jamais de revivre. C’est souvent difficile pour les gens de se rendre vraiment compte des conditions dans lesquelles nous vivons et de comprendre l’environnement et les traitements contre lesquels nous protestons vigoureusement, car ils ne comprennent pas vraiment la transition déshumanisante que nous avons vécue. Ceci est donc ma tentative d’offrir un bref résumé de tout ça.

 

Ellis One abritait autrefois l’unité du couloir de la mort. Le couloir de la mort était situé dans le bâtiment Est de Huntsville Unit de 1928 à 1952. De 1952 à 1965, le couloir de la mort et la chaise électrique étaient situés dans un bâtiment spécial près du Mur Est de Huntsville Unit. Les hommes du couloir de la mort ont été déplacés de Huntsville Unit à Ellis One Unit en 1965. Le 30 juillet 1964, le Texas a électrocuté un homme pour la dernière fois. Jusqu’à ce jour-là, il avait exécuté 361 hommes par électrocution. Bien que la Cour Suprême des États-Unis ait déclaré en 1972 que la peine capitale était « une punition cruelle et inhabituelle », elle a été rétablie en 1974. En 1977 le Texas a adopté l’injection létale comme moyen d’exécution et a tué son premier homme le 7 décembre 1982 (pour en savoir plus sur ce sujet, allez sur http://www.tdcj.state.tx.us/stat/drowfacts.htm).

 

Ellis One est l’une des plus vieilles unités du Texas. Aux yeux de la société, le couloir de la mort est automatiquement classifié comme un endroit dangereux. En fait c’est plutôt le contraire. Alors que le couloir de la mort est dépeint comme l’endroit où résident des tueurs démoniaques et des animaux sauvages, les hommes ont souvent utilisé le temps passé là-bas pour corriger leurs vies, trouver la paix intérieure et essayer de faire quelque chose de positif pour autrui. Cela ne fait pas le moindre doute que faire face à la mort quotidiennement soit un facteur prééminent dans ce processus de développement. À Ellis One il y avait une zone spécifique où était situé le couloir de la mort. Nous avions une petite section de l’unité où nous avions 8 sections de vie (que nous appelions des « ailes »).

 

Ces ailes étaient : G13, G15, H17, H18, H19, H20, J21 et J23.

 

Toutes les prisons ont un système de classification des niveaux, qui dépend de votre comportement et décide au final de où vous vivez. Le couloir de la mort du Texas a été un environnement en pleine croissance.

 

Fonctionnant dans les années 1980 avec seulement une poignée d’hommes, le couloir de la mort a maintenant près de 500 détenus (il y a plus de 3600 personnes dans le couloir de la mort dans le pays. La Californie est en tête avec près de 600 détenus, le Texas est second et la Floride troisième avec près de 400). La prison change constamment et en général, les changements surviennent pour s’adapter aux désirs des dirigeants des prisons, peu importe que les ajustements soient humains, justes ou non.

 

Lorsque je suis arrivé dans le couloir de la mort le 1er juillet 1997, il fonctionnait décemment. G13 et G15 servaient d’aile de sécurité minimale. H17-H20 proposaient du travail alors que J21 et J23 étaient les ailes de ségrégation. La seule différence entre l’aile G et l’aile J était que l’aile J avait des mesures de sécurité comme des grilles de métal sur les barreaux des cellules qui protégeaient les détenus et les gardes des détenus agressifs, et elle abritait également des détenus sous restriction disciplinaire. À part ça, les ailes étaient identiques.

 

Les ailes étaient constituées de 3 étages avec 20 cellules sur chaque. L’aile H permettait de travailler et les cellules étaient des cellules doubles où deux hommes vivaient. Dans le programme de travail, on avait un boulot (allant de responsable de l’aile à barbier, membre d’une équipe de peinture ou de nettoyage, ou dans l’usine de vêtements où étaient fabriqués les uniformes des gardiens).

 

Dans les ailes G et J il y avait quatre groupes de récréation. Les groupes étaient composés d’à peu près 15 détenus chacun. La récréation durait deux heures. Les cours de récréation étaient appropriées aux activités humaines, nous avions un endroit pour le basket, le handball et une salle commune avec une télé et des tables où on pouvait jouer aux dominos, au scrabble ou aux échecs. Il y avait même des punching-bags pour s’exercer.

 

La beauté de tout cela résidait dans la camaraderie. Ces moments étaient souvent passés à marcher et parler ensemble, étudier ensemble, faire de l’exercice ensemble. Nous vivions comme une communauté et simplement comme des êtres humains.

 

Dans l’aile H, la possibilité de travailler offrait d’autres luxes. Là la cour de récréation était accessible de 7h à 21h. À 21h la cour de récréation fermait et les salles communes étaient ouvertes jusqu’à 22h. Le week-end, les salles communes étaient ouvertes jusqu’à 1h du matin. Il s’agissait donc d’un système juste de récompense pour bonne conduite. Il n’y a aucun doute que le Texas avait ses propres motifs pour ce programme de travail. Le travail non-rémunéré leur ramène énormément de fonds par la vente des vêtements. Donc ce n’est pas vrai que tout ça soit fait simplement par gentillesse.

 

Un autre gros avantage pour tous les détenus du couloir de la mort était qu’ils pouvaient acheter du matériel d’artisanat. Ce matériel incluait du bois et de la colle avec lesquels les détenus construisaient des horloges ou des boîtes à bijoux phénoménales, et de nombreux autres objets. On pouvait acheter du matériel à dessin. Cela non seulement permettait aux détenus de récolter quelques fonds pour leur vie quotidienne, mais il s’agissait d’activités constructives qui leur permettaient de passer leur temps à quelque chose de positif. Souvent, des maîtres artisans enseignaient les ficelles du métier à ceux que ça intéressait. Des liens se formaient. Les événements sportifs auxquels nous participions créaient camaraderie et discipline. Ils nous donnaient la notion du travail d’équipe et de l’activité. Souvent, juste les promenades ou les discussions pendant une partie d’échecs nous maintenaient mutuellement hors d’ennuis. Ils devenaient des moments pour donner des conseils et nous guider les uns les autres. De nombreux beaux moments furent passés ensemble. Et la violence des détenus contre les détenus était très limitée. Il y avait bien sûr toujours des disputes ou des bagarres, mais dans l’histoire du couloir de la mort il n’y a probablement eu que quelques victimes parmi les détenus, comparé aux quelques victimes annuelles dans les unités de population générale. Cela devrait parler fortement en faveur de nos mentalités.

 

Le grand événement est survenu en novembre 1998. À cette époque, 7 détenus du couloir de la mort ont essayé de s’échapper (2 hispaniques et 5 noirs). Durant cette évasion, seul un détenu a réussi à passer la grille alors que les 6 autres ont été capturés. Ce n’est que plusieurs jours plus tard que le fuyard a été retrouvé mort dans une rivière non loin de là.

 

Cet événement allait changer l’histoire de ce que le couloir de la mort devait devenir. Alors que ces 7 hommes sont entrés dans l’histoire de ce monde, c’était également l’histoire du couloir de la mort du Texas. Ces 7 hommes sont devenus l’objet de ressentiment dans le cœur de nombreux détenus du couloir de la mort.

 

Des commentaires du genre, « à cause d’eux, nous vivons maintenant dans ces conditions » sont devenus courants. Je ne ressens aucune haine à leur égard et je ne les blâme en rien. Ils n’ont fait que ce qui était naturel, à savoir essayer de vivre. Je connaissais personnellement 5 de ces hommes et aujourd’hui je suis très proche de l’un d’eux. N’importe quel détenu du couloir de la mort aurait pu être à leur place, même moi, et je ne crois pas qu’il soit possible de haïr son prochain pour désirer être libre. Cependant, les horreurs que nous avons vécues ici ont entraîné ce genre de ressentiment. Un autre problème allait enflammer l’environnement du couloir de la mort, et j’y viens à l’instant.

 

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Le processus et le 2ème événement

 

À partir de cette évasion, les mouvements dans le couloir de la mort ont cessé. Le programme de travail a été annulé, mais les récréations ont continué. La rumeur d’un déménagement a commencé à circuler. Le système pensait que Ellis One ne pouvait pas abriter le couloir de la mort de façon adéquate et sûre, et donc peu de temps après, une nouvelle unité a été choisie – Terrell Unit.

 

Des rumeurs disaient que bien que Terrell soit plus sécurisée, nous aurions un bâtiment à nous dont nous serions les seuls habitants. Le Bâtiment 12 tenait lieu de bâtiment de ségrégation à Terrell Unit.

 

C’est dans ce bâtiment qu’un détenu qui posait problème était envoyé pour ségrégation disciplinaire, et si son comportement s’améliorait, on le remettait en population générale. Donc, ces cellules/bâtiments n’ont pas été réellement bâtis pour une résidence à long terme. Cependant, la rumeur disait que ce niveau de ségrégation serait réduit. On disait qu’un programme de travail reprendrait et que seuls des détenus du couloir de la mort travailleraient dans le bâtiment 12. Le bâtiment 12 se suffit en fait à lui-même. Il a son propre bureau médical, sa cuisine, sa buanderie, son coiffeur et d’autres tâches telles que la peinture et le nettoyage peuvent être accomplies. On disait que les cellules étaient plus grandes, la ventilation meilleure, etc. Ça « semblait » bien, mais ce qui s’est passé en réalité s’est avéré être un véritable assaut contre les détenus du couloir de la mort.

 

Le déménagement a commencé à la fin de 1999. Il a commencé avec les 6 évadés, puis des détenus choisis spécialement (surtout ceux de l’aile J). Lentement mais sûrement, les réalités de Terrell Unit ont commencé à nous revenir goutte à goutte dans des lettres de nos camarades. Les gardes étaient consciemment vindicatifs, la nourriture était servie en rations trop petites et était inappropriée, et la ségrégation était sévère. Les circonstances ont engendré une masse de plaintes et ces plaintes ont dégénéré en amères batailles entre l’administration et les détenus.

 

À dire vrai – le couloir de la mort est devenu la cible d’assauts de masse. Pourquoi ? Parce que le Texas avait été embarrassé et présenté comme incompétent. La possibilité de perdre 7 détenus du couloir de la mort les a mis dans un état de rage et donc à partir de ce moment aucun détenu du couloir de la mort ne recevrait de pitié – pas même de traitement humain. Et ainsi a commencé l’attaque.

 

Le second évènement qui a encore plus condamné le couloir de la mort a eu lieu en janvier 2000. À la suite de plaintes massives concernant les traitements cruels, deux détenus ont réussi à se libérer de leurs cellules (l’un était menotté, mais pas l’autre) et ont pris une garde en otage. Cela peut paraître violent, mais le plan ne l’était pas du tout.

 

Les deux détenus étaient Howard Guidry et Ponchai Wilkerson, deux des sept fugitifs. Ces hommes étaient loin de vouloir perpétuer la violence mais étaient en fait des frères réformés actifs dans un groupe appelé P.U.R.E. (Panthers United for Revolutionary Education (les Panthères unies pour l’Éducation révolutionnaire)).

 

À Ellis One ils passaient énormément de temps à aider à l’éducation des jeunes Africains. Cette prise d’otage n’était rien d’autre qu’une forme de démonstration – la démonstration qu’un traitement humain était réclamé. Ces frères n’ont jamais fait de mal à leur otage, mais ont essayé de l’utiliser comme moyen de négociation pour un traitement juste. Tout ce qu’ils ont demandé était un traitement juste, pas de harcèlement, de la nourriture décente et d’autres requêtes de petite envergure – des requêtes qui étaient simplement humaines. Après que des militants anti-peine de mort connus ont été amenés pour leur parler, ils ont rendu leur otage et sont rentrés.

 

Cet événement a été utilisé pour alimenter le feu de nouvelles oppressions contre les détenus du couloir de la mort et comme outil politique pour démontrer à la société que nous étions dangereux, mais pas une fois n’a été révélée la raison de ce soulèvement. Peu importe à quel point la peine de mort est politisée, nous sommes toujours humains, nous ne sommes pas tous ici dans les mêmes circonstances, et pourtant nous sommes tous enfermés ensemble et traités de la même manière.

 

Ces deux événements à eux seuls ont été la cause du traitement dans le couloir de la mort. Depuis ces deux événements, le système a utilisé tous les outils possibles pour nous empêcher de jamais regagner nos privilèges et jusqu’à ce jour ils ont vaincu. Avant d’aborder ce sujet, j’aimerais raconter le jour du déménagement de Ellis One à Terrell Unit.

 

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Le déménagement

 

Alors que je sortais de ma cellule, portant seulement un caleçon, mes pieds ont touché la dalle de béton et la froideur du sol m’a rappelé à quel point ce monde est « FROID ». Ce jour-là je suis sûr que presque tous les détenus du couloir de la mort ont pensé à ce qu’avait été l’esclavage de la Race africaine. Vous savez, ce passage qui a entraîné la mort de 100 millions d’Africains, l’événement que tant de gens veulent oublier et l’événement que plusieurs désirent qu’il soit oublié, mais je ne le peux pas car il est incrusté dans mon âme par mes Racines ancestrales. On dit que le passé se répète et je ne peux m’empêcher de penser à la manière dont ils étaient menottés et menés à leur mort. Est-ce que cela vous semble familier ? Vous n’avez pas besoin de me dire que vous y avez pensé, car lorsque j’ai regardé TOUS vos visages j’ai vu la haine née de la dégradation et les réactions au Traitement Inhumain qui pèse lourdement sur vous.

 

Alors que nous marchions avec les mains menottées, nous sommes sortis et avons rejoint une masse d’hommes en train d’être dévêtus et entravés aux pieds. C’était une vision très dérangeante de « NOUS » voir dénudés en plein jour devant 50 ou 60 gardes, sans parler des autres hommes et femmes, les médecins et assistants qui étaient là à regarder ce processus. L’idée de nous traiter comme des humains ne leur a jamais traversé l’esprit, ou si elle l’a fait, elle a été rapidement effacée, et ainsi le dessein pervers de nous faire nous sentir moins qu’humain a été mené à bien à la perfection tandis qu’ils souriaient, riaient et faisaient des commentaires. Ne vous en faites pas, j’ai partagé votre douleur, souvenez-vous qu’elle est incrustée dans mon âme. Mais soyez en sûrs, je ne me plains pas.

 

Alors que mes mains étaient de nouveau menottées, mes pieds ont été également entravés et ensuite liés à mes mains. J’imagine que ça ressemblait à la manière dont on attache les veaux. Vous savez comme le cow-boy saute de son cheval, met le veau à terre brutalement, attache ses pattes ensemble le plus vite possible ! Et bien, ça ressemblait à ça, étrangement sans la mise à terre brutale, même si je suis certain qu’ils auraient aimé ça. J’imagine qu’ils pensaient être à un rodéo.

 

Lorsque mes mains ont été menottées, les menottes étaient si serrées qu’elles entaillaient ma peau. Je ne comprenais pas l’intérêt de ça. Lorsqu’on m’a mis dans le bus et que j’ai pris ma place, j’ai commencé à voir les vaisseaux apparaître et mes mains se sont ankylosées. Durant les sept jours suivants mes mains ont gardé des traces et des bleus, et étaient parcourues de douleurs. Aucun traitement médical n’a été administré et le menottage a continué à l’unité malgré les séquelles. Je me demande ce qui serait arrivé à mes mains si le voyage avait duré plus d’une heure.

 

Ce qui précède est un extrait de mon article « Réalité », que vous pouvez trouver dans son intégralité dans ma « Section sur les horreurs exprimées »

 

 

Tel a été le cruel voyage vers Terrell Unit et les conditions sont restées les mêmes. Pour vous donner un aperçu, laissez-moi vous raconter à quoi a ressemblé notre environnement. Le reste des détenus a été déménagé en mars 2000, donc nous avons connu 3 ans de ce traitement.

 

1. Nous avons été confinés dans des cellules et des récréations individuelles en permanence. Nous allons en récréation dans de petites cours (dont vous trouverez une illustration plus loin).

 

2. On ne nous a fourni ni vendu aucune télé. Jusqu’à ce jour, il n’y a aucune raison valable de ne pas nous autoriser à regarder la télé. Il s’agit véritablement d’un acte haineux.

 

3. Il n’y a pas de programme de travail (les détenus de population générale viennent dans le bâtiment 12 pour faire tout le travail)

 

4. Il n’est plus possible de faire de l’artisanat.

 

En fait, un programme de travail a été prévu mais n’a encore jamais été mis en place. Cet environnement a été créé pour une seule raison – nous subjuguer totalement. Cet environnement a entraîné de nombreux problèmes – auxquels ils s’attendaient.

 

Les effets ont été mentaux, spirituels et physiques.

 

• Les effets mentaux et spirituels proviennent de nombreux aspects. Lorsque vous séparez un homme de toute activité humaine, vous ne pouvez que vous attendre à ce qu’il devienne asocial et réagisse négativement à ses oppresseurs. Ils cherchent à endommager l’esprit afin que les détenus ne puissent pas se concentrer et penser convenablement, ce qui pousse certains des individus les plus faibles mentalement à s’auto-mutiler ou à essayer de mutiler autrui. Certains abandonnent même leurs appels pour ne plus avoir à vivre dans cet enfer. Nous avons des radios, mais elles ne fournissent qu’une activité sociale limitée. Ces gens savent que d’affecter l’esprit équivaut à briser l’homme dans son entier, et c’est ce qu’ils recherchent. (Notez : les femmes condamnées à mort ont un programme de travail, la télé et de l’artisanat. Il ne s’agit donc pas d’un problème dans l’ensemble du couloir de la mort, mais de quelque chose visant spécifiquement à nous punir.)

 

• Les effets physiques ont également été infligés de bien des façons. Cela a commencé avec la manière de nous nourrir. Ils nous donnent encore des portions d’enfant à manger. La nourriture est généralement mal préparée et froide. Les attaques physiques sont administrées par l’activité limitée de nos corps. Et enfin, des attaques injustifiées ont été menées contre des détenus personnellement.

   

Il y a un effort concerté contre le couloir de la mort pour tout faire pour briser et détruire notre énergie. Ils se fichent de savoir s’il s’agit de santé physique ou mentale. Il n’y a plus moyen de s’échapper. Cette unité est entièrement sécurisée. Des milliers de dollars d’impôts ont été dépensés pour rendre cette unité plus sûre et pourtant ils refusent toujours de nous rendre le moindre de nos privilèges.

 

De nombreuses choses se sont produites qui ont rendu cela clair. Lorsque le couloir de la mort du Texas est devenu le sujet de débats, Charles Terrell, l’homme d’après qui a été nommée Terrell Unit, s’est avancé pour dire qu’il s’interrogeait sur la justesse de la peine de mort et que sa conscience ne pouvait être tranquille tant que le bâtiment porterait son nom.

 

Donc en 2000, Terrell a changé de nom pour être nommée d’après Allan Polunsky. Cependant, un nom n’a pas changé, celui d’ENFER.

 

Des protestations ont été menées de plusieurs manières contre les traitements ici :

 

1. La prise d’otage

 

2. La grève de la faim

 

3. Des protestations non-violentes

 

4. Des bagarres de fait entre détenus et gardes

 

5. Des familles et des groupes se sont ralliés contre l’unité en manifestant devant l’unité et la maison du directeur

 

6. Des plaintes légales ont été déposées

 

7. Des procès sont en cours

 

Une de ces protestations pourrait lancer une étincelle n’importe quand ! Les bagarres et attaques sont trop nombreuses pour être énumérées. Elles continuent à avoir lieu. En allant dans ma section de liens, vous trouverez de nombreux sites web où vous rendre pour trouver d’autres informations sur la peine de mort.

 

Pour tous ceux d’entre vous qui sont curieux, j’ai fait quelques dessins de notre espace de vie. Soyez indulgents, je ne suis pas un artiste mais je voulais juste vous donner un aperçu visuel de l’endroit.

 

Ce qui suit est une vue d’ensemble de ce à quoi ressemble une section et le détail (vue et dimensions) des cellules. Des commentaires suivront chaque illustration.

 

 

L’enfer d’acier

– dans le Couloir de la Mort –

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(voir illustration A)

 

Ce diagramme montre une vue du dessus d’une aile de vie entière. Le bâtiment 12 a 6 ailes, de A à F. Chaque aile a 6 sections, de a à f. Donc une personne se situe quelque part comme 12-AF-22 (bâtiment 12, aile A, section F, cellule 22).

 

Les ailes ont plus ou moins une forme de U. Chaque aile a deux étages, avec 7 cellules par étage. Au bout de chaque étage d’une section se trouve une douche. Nous sommes menottés dés que nous nous déplaçons. Sur le diagramme, les flèches montrent l’alignement des cellules. Les zigzags représentent l’emplacement des escaliers menant à l’étage supérieur. Au centre des ailes se trouve la pièce de contrôle d’où les gardes ouvrent les portes des cellules et les barrières des sections électroniquement. Dans chaque section, les doubles lignes qui entourent les lettres sont nos salles communes. Les salles communes sont un espace vide. Elles contiennent une table, une barre de traction, un évier, des toilettes et un tapis. Il n’y a rien d’autre et nous devons y passer une heure chaque jour. Les jours de récréation extérieure, on nous emmène dans ces cours. Comme vous pouvez le voir, elles ne sont pas vraiment à « l’extérieur » - je les appelle des patios. Ces cours sont divisées au milieu par des barres et des grilles de métal. Les cours sont totalement fermées et entourées des 4 côtés par des murs de brique de 9m de haut environ. On ne peut voir que directement au-dessus de nous et même le haut est fermé par des barreaux. Il y a un panier de basket, une barre de traction, un urinoir et un évier. C’est là que nous passons nos récréation soi-disant extérieures deux fois par semaine. Comme vous pouvez le voir, du côté A à C ils peuvent se voir les uns les autres lorsqu’ils sont dans la salle commune. C’est la même chose pour le côté D à F.

 

Les gardes nous autorisent très rarement à aller de l’autre côté pour rendre visite à des amis. Nous utilisons ces moments pour trafiquer et échanger (ce qui est interdit par l’institution) des objets tels que des lettres adressées à des camarades, de la nourriture, des livres, des magazines, etc.… C’est de cette manière que nous faisons circuler des choses. Soit nous les lançons d’un côté à l’autre, soit nous utilisons des ficelles. Nous faisons de notre mieux pour simplement maintenir l’essence de la vie humaine. Ils ont tout fait pour la détruire par la solitude totale et la séparation. C’est la pire manière de traiter un être humain et n’est pas différent de la torture pure et simple. Ce sont les conditions de vie dans cette unité.

 

(voir la photo de Polunsky)

 

Ceci est une véritable photo de l’entrée dans une des ailes. C’est une vue étroite, mais ça vous donne une idée.

 

Ceci est une vue du dessus de nos cellules avec les dimensions.

 

(voir illustration B)

 

L’illustration C montre la hauteur.

 

(voir illustration C)

 

Ceci est notre lit, ou comme nous l’appelons – notre couchette. Nous gardons notre nourriture et nos affaires sur ces étagères. Et voilà notre si célèbre fenêtre. Ce qu’on peut voir à travers dépend de la position de notre aile et de notre section. Malheureusement, certaines sont situées d’un côté du bâtiment qui fait face à un autre bâtiment. D’autres ont la chance de voir soit un champ, soit le parking devant la prison.

 

Quoi qu’il en soit, c’est juste un moyen de nous narguer avec de l’activité humaine.

 

(voir illustration D)

 

Nous pouvons mettre des objets sur ces étagères. Nous pouvons taper à la machine ou écrire sur l’étagère du bas.

 

(voir illustration E)

 

Ceci est une vue d’un côté de la cellule. Cette lumière est très forte. La ventilation souffle notre air et notre chaleur. L’évier et les toilettes sont en acier inoxydable.

 

(voir illustration F)

 

Ma porte ressemble à cela. Je dois plier mes genoux et tendre mes bras en arrière par la fente à nourriture pour être menotté et démenotté.

 

Nos plateaux repas sont servis par là aussi. C’est difficile de voir par la grille métallique, mais nous allons à la porte et regardons le reste de l’aile et la salle commune pour parler à des amis.

 

Tout ce que vous venez de voir et de lire n’était qu’un bref aperçu d’une journée de la vie d’un détenu du couloir de la mort. Cela ne peut en rien embrasser toutes les luttes auxquelles nous avons fait face, auxquelles nous faisons encore face, ni nos luttes personnelles et individuelles. Pour ceux d’entre vous qui ont lu d’autres histoires ou qui ont un correspondant dans le couloir de la mort, vous savez exactement de quoi je parle.

 

Chaque couloir de la mort varie à travers les États-Unis, et le Texas tient sa place parmi les pires. Chaque effort que je fais est une bataille personnelle contre les mensonges et les stéréotypes proférés par le système. À savoir, que nous ne sommes que des tueurs, incapables de changer et que nous sommes des menaces contre la société (même la société carcérale). Nous avons démontré qu’ils avaient tort à grande échelle, de bien des façons. Le couloir de la mort pourrait être un champ de bataille quotidien si nous le voulions. Nous pourrions prendre l’attitude du « je n’ai rien à perdre », mais nous ne le faisons pas. Nous essayons sans l’ombre d’un doute de vivre pour quelque chose. Souvenez-vous de ça – le couloir de la mort n’a pas été construit pour réhabiliter les détenus, seulement pour les tuer. Nous n’avons pas d’école ni de séances de thérapie pour nous améliorer. Donc, chaque effort positif que nous faisons, que ce soit un recueil de poésie, un roman, des sites web, des interviews, de l’éducation personnelle ou de l’élévation spirituelle, nous le faisons car nos cœurs y sont portés. Personne ne nous dit de le faire ni n’enseigne à l’homme illettré à lire – nous devons désirer le changement et en prendre l’initiative. La promotion de la peine de mort et de cet environnement oppressif met fin à ce développement. Les prisons elles-mêmes mettent fin à ce développement, mais le couloir de la mort nous est infligé pour mettre fin à ce développement de tous les moyens possibles. Nous devons réellement analyser ces chefs de nos états et de notre gouvernement qui promeuvent cela, et la manière dont nous pouvons obtenir du changement ou de la paix alors qu’eux-mêmes promeuvent la haine, la violence, le racisme, les préjugés et les mentalités oppressives. Nous devons continuer à nous battre contre les injustices sous toutes leurs formes. Je vous ai présenté des faits afin que notre savoir nous permette de nous battre contre l’ignorance. Je vous en prie, restez conscient de ce qui se passe, mais plus encore, restez actifs.

 

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L'ENFER D'ACIER-DANS LE COULOIR DE LA MORT-